Le jour de l’examen pratique, l’inspecteur remplit une grille sous vos yeux. Cette grille d’évaluation du permis comporte dix critères notés sur un total de 31 points. Le seuil de réussite est fixé à 20 points, à condition de n’avoir commis aucune faute éliminatoire. Comprendre ce document avant de monter en voiture change la manière dont vous abordez chaque situation de conduite.
Ce que l’inspecteur note vraiment (et ce qui pèse le plus lourd)
La grille se découpe en trois blocs de compétences : connaître et maîtriser son véhicule, appréhender la route, partager la route avec les autres usagers. Chaque critère reçoit une note de 0 à 3 (sauf l’installation au poste, plafonnée à 2). La lettre E peut remplacer la note : elle signifie élimination directe, quel que soit le total de points.
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Vous avez remarqué que certains critères reviennent dans plusieurs situations de conduite ? C’est normal. La prise d’informations, par exemple, est évaluée en continu pendant toute l’épreuve. Un seul oubli de contrôle visuel à un moment critique peut faire basculer la note de ce critère de 3 à 1, voire déclencher un E.
Voici les dix critères avec leur poids maximal :
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| Critère | Points max |
|---|---|
| Installation au poste de conduite | 2 |
| Vérifications intérieures et extérieures | 3 |
| Manipulation des commandes | 3 |
| Prise d’informations | 3 |
| Maîtrise de l’allure | 3 |
| Respect de la réglementation | 3 |
| Positionnement sur la chaussée | 3 |
| Adaptation aux situations | 3 |
| Communication avec les usagers | 3 |
| Autonomie et conscience du risque | 3 (dont 2 bonus) |
Les deux derniers points du critère « autonomie » sont des points bonus. Un candidat qui conduit de manière fluide, anticipe les dangers et adopte une conduite économique peut donc atteindre 31 sur 29 points de base.

Hésitation au volant : le piège qui fait chuter plusieurs cases à la fois
Les concurrents détaillent longuement les fautes éliminatoires classiques : griller un feu, forcer une priorité, franchir une ligne continue. Ces erreurs sont graves, mais la majorité des candidats recalés ne les commettent pas. Le problème le plus fréquent est plus discret.
Hésiter trop longtemps à une intersection coûte des points sur plusieurs critères. Imaginez un rond-point : vous attendez alors que le passage est libre. L’inspecteur note une faible prise d’informations (vous n’avez pas évalué correctement la situation), une adaptation insuffisante (vous n’avez pas ajusté votre allure) et un manque d’autonomie. Trois cases affectées pour une seule hésitation.
À l’inverse, s’engager trop vite sans contrôle déclenche un risque de E. L’équilibre recherché par l’inspecteur tient en une phrase : décider au bon moment après avoir regardé au bon endroit.
Comment travailler ce point avant l’examen
Demandez à votre moniteur de vous placer en situation de rond-point dense ou d’insertion sur voie rapide. Verbalisez votre décision à voix haute : « Je vois un véhicule à gauche, il est loin, je m’insère. » Cette habitude rend votre raisonnement visible pour l’inspecteur et renforce votre propre confiance.
Aides à la conduite et caméra de recul : ce que l’inspecteur attend
Les véhicules récents disposent de caméras de recul, de radars de stationnement et de régulateurs de vitesse. Vous avez le droit de les utiliser le jour de l’examen. L’inspecteur ne vous pénalisera pas pour avoir activé la caméra lors d’un créneau.
En revanche, regarder uniquement l’écran sans tourner la tête est sanctionné. La caméra complète vos contrôles visuels, elle ne les remplace pas. Un candidat qui recule en fixant l’écran sans vérifier les angles morts perd des points en prise d’informations et risque un E si un danger réel se présente.
Le régulateur ou le limiteur de vitesse obéissent à la même logique. Activer le limiteur sur une route à 50 km/h montre une bonne gestion de l’allure. Laisser le régulateur actif en approche d’un passage piéton sans adapter votre vitesse montre l’inverse.
Éco-conduite et anticipation : les points bonus que peu de candidats visent
Le critère « autonomie et conscience du risque » contient deux points bonus. Pour les décrocher, il faut démontrer une conduite mature : anticipation des situations, accélérations progressives, usage du frein moteur en descente, maintien d’une allure régulière.
Pourquoi viser ces points ? Parce qu’un candidat qui obtient 19 sur 29 points de base rate l’examen. Avec les deux points bonus, il atteint 21 et réussit. Ces deux points bonus peuvent faire la différence entre un échec et une réussite.
Les gestes qui rapportent ces points :
- Rétrograder en approche d’un feu rouge au lieu de freiner sèchement au dernier moment, ce qui montre une anticipation et une conduite économique
- Adapter sa vitesse avant un virage visible de loin, sans coup de frein brutal, pour prouver une lecture de la route en avance
- Maintenir une distance de sécurité suffisante pour ne jamais devoir freiner en urgence, ce qui démontre une conscience du risque permanent
Ce que l’inspecteur voit en quelques secondes
La conduite bonus n’est pas une performance technique. C’est une attitude globale. Un candidat qui regarde loin, anticipe les ralentissements et ne surprend jamais ses passagers par un à-coup donne une impression de calme maîtrisé. L’inspecteur le perçoit dès les premières minutes.

Fiche mémo : les réflexes à ancrer avant le jour J
La veille de l’examen, relire la grille critère par critère ne suffit pas. Ce qui compte, c’est d’associer chaque critère à un geste concret que vous maîtrisez déjà.
- Installation : régler siège, volant, appuie-tête, rétroviseurs, puis boucler la ceinture dans cet ordre, chaque fois que vous montez dans le véhicule (y compris après les vérifications extérieures)
- Vérifications : apprendre par coeur les questions intérieures et extérieures, car ce sont les points les plus faciles à obtenir sans stress
- Prise d’informations : tourner la tête de façon visible à chaque changement de direction, chaque dépassement, chaque insertion
- Allure : adapter en permanence, pas seulement respecter la limitation affichée
Après l’examen, la grille remplie par l’inspecteur vous est transmise. Que le résultat soit favorable ou non, lisez chaque case pour identifier vos points forts et vos lacunes. En cas d’échec, cette lecture oriente précisément le travail à faire avant la prochaine tentative, au lieu de reprendre la formation à l’aveugle.

