Un coup de clé, le rugissement du moteur, et soudain, la Renault 5 GT Turbo s’arrache du bitume. L’époque n’était pas aux compromis : en 1985, cette petite française a dynamité les codes de la sportive populaire. Avec son 1,4 litre turbo, ses 115 chevaux et une sonorité qui résonne encore dans la mémoire des passionnés, elle s’est imposée comme l’une des voitures les plus désirables de sa génération. Une voiture pensée pour le plaisir immédiat, sans filtre, sans gadget inutile. Elle n’a pas seulement marqué les années 80 : elle les a traversées comme une décharge d’adrénaline.
Naissance d’une légende des années 80
Entre 1985 et 1991, Renault affine son savoir-faire et présente la R5 GT Turbo, descendante directe de la Renault 5 Alpine Turbo. Cette nouvelle version, dérivée de la Supercinq, embarque tout ce qui fait vibrer les amateurs : un moteur turbo de 1,4 litre, une réactivité brutale, une gueule inimitable. D’emblée, elle devient un repère incontournable pour quiconque cherche des sensations franches au volant d’une compacte nerveuse.
Un design audacieux et des performances qui frappent fort
Difficile de passer à côté de la GT Turbo sans la remarquer. Son allure ramassée, ses extensions d’ailes et son bouclier spécifique annoncent la couleur : ici, tout est pensé pour la performance. Renault dote la voiture de freins à disques ventilés et, à partir de 1987 (phase 2), la puissance grimpe à 120 chevaux. Les technologies empruntées à la Formule 1 s’invitent sous le capot, et le résultat est sans appel : la GT Turbo repousse les limites de la catégorie.
Sur les routes, elle croise la Peugeot 205 GTI. Deux philosophies, deux tempéraments, une rivalité féroce qui fait vibrer les passionnés. Renault et Peugeot s’affrontent à coups d’innovations, poussant leurs petites sportives à tutoyer leurs propres frontières. La R5 GT Turbo, produite à 160 000 exemplaires, s’inscrit alors définitivement dans la cour des grandes.
Un palmarès en compétition qui force le respect
La GT Turbo ne brille pas que sur l’asphalte du quotidien. En rallye, elle s’impose dès la fin des années 80 : Alain Oreille l’emmène jusqu’au sommet du Championnat du monde des rallyes groupe N, décrochant le titre en 1989 puis en 1990. Ces exploits cimentent la réputation d’une voiture aussi robuste que rapide, capable de conquérir les terrains les plus exigeants et d’enchaîner les victoires face à une concurrence redoutable.
Caractéristiques techniques et performances
Au cœur de la Renault 5 GT Turbo : un bloc surnommé « Cévennes » chez les connaisseurs, turbo 1,4 litre, 115 chevaux pour la phase 1, 120 pour la phase 2. Le couple atteint 165 Nm, une valeur qui, à l’époque, rivalisait sans rougir avec des modèles bien plus chers. Cet équilibre entre puissance et légèreté donne le ton : la GT Turbo ne fait pas de la figuration.
Pour illustrer la fiche technique de ce modèle emblématique, voici les données qui ont forgé sa réputation :
- Puissance : 115 à 120 ch
- Couple : 165 Nm
- Poids : 850 kg
- 0 à 100 km/h : environ 7,5 secondes
- Vitesse maximale : 204 km/h
Ce rapport poids/puissance, digne d’une voiture de sport, propulse la GT Turbo de 0 à 100 km/h en 7,5 secondes. Elle tutoie les 204 km/h en pointe. Les freins à disques ventilés à l’avant, les tambours à l’arrière, la rigidité du châssis : tout est pensé pour encaisser les accélérations et offrir un comportement dynamique sans compromis. La tenue de route, ferme mais précise, fait le bonheur des conducteurs aguerris et des jeunes pilotes en herbe.
Face à la Peugeot 205 GTI ou à la Volkswagen Golf GTI, la Renault 5 GT Turbo s’impose comme une référence. Son design, sa vivacité et son caractère trempé continuent d’alimenter les discussions sur les forums spécialisés et lors des rassemblements de voitures anciennes.
Un héritage solide, une passion qui ne s’éteint pas
La GT Turbo, ce n’est pas seulement une fiche technique ou des performances sur circuit. C’est surtout une histoire de passion. On pense à Alain Oreille, qui l’a menée à la victoire lors du Rallye de Côte d’Ivoire en 1989, avant de rafler le titre mondial du groupe N deux années de suite. Des exploits qui ancrent la R5 GT Turbo tout en haut de l’affiche, aux côtés des plus grands noms du rallye.
Son influence ne s’arrête pas là. La Clio Williams, lancée dans les années 90, doit beaucoup à cette pionnière : moteur musclé, châssis affûté, esprit compétitif. Plus près de nous, Renault a ressuscité la légende avec la R5 Turbo 3E, un concept électrique qui rend hommage à la silhouette et à l’audace de la GT Turbo, tout en réinventant ses codes pour l’ère moderne. La filiation est évidente, la passion intacte.
Au-delà du sport, la GT Turbo a aussi conquis des personnalités inattendues. Le président François Mitterrand, par exemple, a fait le choix d’une Supercinq pour ses déplacements. Elle a su séduire bien au-delà du cercle des amateurs de pilotage, preuve que son attrait dépasse largement les frontières de la compétition.
Il suffit d’assister à un rassemblement ou de parcourir les forums dédiés pour constater à quel point la Renault 5 GT Turbo continue de faire vibrer les collectionneurs. Les modèles préservés s’arrachent, les restaurations d’origine se multiplient, et la cote ne cesse de grimper. Le mythe n’a jamais semblé aussi vivant.
Près de quarante ans après sa sortie, la Renault 5 GT Turbo n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Elle incarne une époque, un style, une envie de conduire sans filtre. Ceux qui croisent sa route aujourd’hui le savent : certaines légendes ne s’effacent jamais.


