On possède une moto immatriculée en 2020, on roule peu, et on se demande si on peut échapper au contrôle technique en 2026. La réponse courte : le décret n°2023-974 ne prévoit pas d’exemption liée au kilométrage ni à l’état général du véhicule. Les cas de dispense existent, mais ils sont étroits et souvent mal compris.
Vente à un professionnel : la seule exemption concrète à la revente
La situation la plus fréquente où on échappe au contrôle technique moto, c’est la cession à un professionnel. Quand on vend sa moto à un garage, un concessionnaire ou un marchand, aucun CT n’est exigé pour finaliser la transaction.
A découvrir également : Quads et contrôle technique : comment ça se passe en France ?
Cette distinction change radicalement les options. Un particulier qui veut vendre sa moto à un autre particulier doit présenter un contrôle technique de moins de six mois. Celui qui cède son véhicule à un professionnel de l’automobile n’a pas cette obligation.
En pratique, ça veut dire qu’un motard dont la machine présente des défauts susceptibles de provoquer une contre-visite peut choisir de passer par un professionnel plutôt que d’engager des réparations coûteuses avant le CT. Le prix de rachat sera souvent inférieur, mais on évite le contrôle technique et les frais de remise en état.
A découvrir également : Contrôle technique moto de collection : Est-il obligatoire pour ces véhicules anciens ?

Motos de compétition et licence sportive : une exemption plus étroite qu’il n’y paraît
Les véhicules exclusivement destinés à la compétition ne sont pas soumis au contrôle technique. Sur le papier, c’est clair. Dans les faits, la notion d’usage exclusif en compétition pose un vrai problème de preuve.
Pour les motos enduro et trial, l’exemption est conditionnée. Selon les sources administratives, elle s’applique aux machines détenues par des titulaires d’une licence sportive délivrée par une fédération agréée. Autrement dit, posséder une enduro ne suffit pas : c’est la licence du propriétaire et l’usage réel du véhicule qui comptent.
Trois critères déterminent si une moto peut prétendre à cette dispense :
- Le véhicule n’est pas homologué pour la circulation routière, ou est exclusivement utilisé en compétition
- Le propriétaire détient une licence sportive valide délivrée par une fédération agréée (FFM ou autre)
- La moto n’est pas immatriculée avec un usage routier sur la carte grise
Une enduro immatriculée pour la route et utilisée le week-end sur circuit reste soumise au CT. Les retours varient sur la tolérance des centres de contrôle face à ces situations mixtes, mais le texte est sans ambiguïté sur le principe.
Véhicules de collection : la carte grise collection ne dispense pas du CT
C’est un malentendu répandu. Posséder une moto de plus de trente ans avec une carte grise collection n’exempte pas du contrôle technique. Les motos de collection sont soumises au CT comme les autres véhicules de catégorie L.
La seule différence concerne la périodicité. Après le premier contrôle, les véhicules de collection bénéficient d’un intervalle de cinq ans entre chaque visite, contre trois ans pour les motos standard. C’est un allègement, pas une exemption.
Pour une moto de collection immatriculée avant le 1er janvier 2017, le premier CT aurait déjà dû être réalisé en 2024. Si ce n’est pas fait, on est en infraction et la régularisation est immédiate.
Tranche d’immatriculation 2020-2021 : le vrai calendrier pour 2026
L’année 2026 concerne spécifiquement les motos immatriculées en 2020 et 2021. Le premier contrôle technique doit être effectué entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026, au plus tard quatre mois après la date anniversaire de mise en circulation.
Le critère déterminant n’est ni l’âge du conducteur, ni le kilométrage, ni la cylindrée. C’est la date de première immatriculation inscrite sur la carte grise. Une moto de 2020 qui n’a parcouru que quelques milliers de kilomètres est traitée exactement comme une machine à fort kilométrage.
Les véhicules immatriculés à partir de 2022 passeront leur premier CT dans les six mois précédant le cinquième anniversaire de leur mise en circulation, soit à partir de 2027. Il n’existe aucune exemption liée à la faible utilisation du véhicule.

Sanctions et risques concrets en cas de défaut de contrôle technique moto
Rouler sans contrôle technique valide expose à une amende forfaitaire. Au-delà de l’aspect financier, l’absence de CT peut entraîner une immobilisation du véhicule lors d’un contrôle routier.
En cas de vente entre particuliers, la transaction sans CT valide est irrégulière. L’acheteur peut demander l’annulation de la vente ou une réduction du prix. Pour le vendeur, c’est un risque juridique direct.
Les points à surveiller avant de se présenter au centre de contrôle :
- État des pneumatiques, freins et éclairage, qui concentrent la majorité des contre-visites
- Conformité de l’échappement (le bruit et les émissions sont vérifiés)
- Présence de tous les éléments obligatoires : rétroviseurs, clignotants, plaque d’immatriculation lisible
- Pour les cyclomoteurs 50 cm3, le test au céléromètre est opérationnel depuis le 1er mars 2026, vérifiant que la vitesse maximale n’a pas été modifiée
Le contrôle technique moto porte sur plusieurs dizaines de points d’inspection. Une contre-visite impose un nouveau passage dans un délai de deux mois, avec des frais supplémentaires.
Les exemptions au contrôle technique moto en 2026 se résument donc à trois cas précis : la vente à un professionnel, l’usage exclusif en compétition avec licence sportive, et les véhicules non soumis à immatriculation. Tout le reste, y compris les motos de collection, passe au contrôle. Mieux vaut vérifier sa carte grise et anticiper la prise de rendez-vous dans un centre agréé plutôt que de compter sur une dispense qui n’existe pas.

